Cette année là, ils avaient invités une association de volontaires passionnés par l'époque de l'Empire. Ces derniers refont vivre le campement de Napoléon, avec de magnifiques costumes et des armes, fusils et canons fidèlement reconstitués. Ils sont une trentaine, poussant le perfectionnisme à dormir dehors, deux jours sous leurs tentes d'époque, sur la paille, mangeant comme leurs ancêtres etc.... La seulement exception, c'est qu'ils ne mettent que de la poudre dans leurs armes ! Et surtout dans le canon !!!
Mon dieu quel Bruit !!! Heureusement que l'on m'a prévenu lors des essais du matin ! Il n'y avait encore aucun visiteurs et j'installais tranquillement mon stand ( avec des tissus à paillettes, des ballons et des grands panneaux présentant mes maquillages) quand les organisateurs qui s'occupaient du chamboule, le stand d'à coté, me disent soudain .... D'ouvrir la bouche !
Je les regardaient, perplexe ! "Pardon ???"
L'un d'eux me montre le canon et les grenadiers qui s'affairaient autour.
- "ça va faire du bruit ! Il faut ouvrir la bouche pour se protéger les tympans ! "
Je lâchais tout pour, non seulement ouvrir la bouche, mais aussi me boucher les oreilles !
Et j'ai eu raison ! Quelle déflagration !
Ils ont fait trois essais le matin, et de nouveau trois tirs l'après-midi devant le public, prévenu lui aussi par haut parleur "d'ouvrir la bouche " ! Certains gamins étaient super amusés par tout ce bruit, mais d'autres, les plus petits se sont mis à pleurer. Certains parents ont même dû partir malheureusement, sans attendre leur tour pour le maquillage.
Mais revenons au matin :
Après avoir installé mon stand, je n'avais plus qu'une demi-heure pour mettre mon costume de Joséphine, aller jusqu'au campement pour une tite séance photo avec ces grands gaillards et ... Déjeuner ! Avant de commencer le maquillage des enfants à partir de 13 h.
J'ai dû demander de l'aide aux organisateurs et trouver une bonne âme pour faire la file d'attente à ma place au point de restauration. Et pendant ce temps, je me suis régalée avec ma grande robe blanche.... enfin....
J'avais aménagé ce costume exprès quelques jours avant, et le matin même je m'étais fait de belles anglaises au fer à friser, avec un petit chignon. Un collier de trass et de perles était prévu par la suite pour cercler ce chignon. Mais le temps en avait décidé autrement :
Le matin, une pluie torrentielle avait tout trempé ( les pauvres soldats étaient un peu mouillés !), et comme ça se passait en forêt, le sol était devenu une gadoue bien collante. Avec mes petites chaussures dorées j'évitais les grosses flaques tant bien que mal, relevant les pans de la robe blanche.... Tout à fait la tenue idéale pour marcher dans la boue ! Mais le pire a été les anglaises ! À peine j'étais arrivée que je dû me rendre à l'évidence qu'elles avaient disparues ! Prévoyante, j'avais amené le fer et je recommençais après m'être habillée. Peine perdu, le temps d'arriver au camp, elles avaient de nouveau disparues pour les photos ! Bouuuuu....
Tant pis, j'eus quand même le succès escompté . Les gens souriaient en me voyant passer ( dans la gadoue) et j'en rajoutais en leur faisant la révérence. Les grenadiers étaient enchantés de voir une touche féminine "surprise" à leur reconstitution. Deux autres photographes se précipitèrent pour nous prendre aussi en photo.... Une vraie star !
Je me tournais vers celui qui me semblait être Napoléon. Mais finalement, il m'annonça en rigolant que ce n'était pas lui . " c'est le gros là-bas !"
- "ah bon" répondis-je " mince je ne reconnais même pas mon mari !"
Quelqu'un avait dû le prévenir car il arrivait vers nous, et fut ravi de poser aussi. Après la photo, je lui expliquais que j'étais la maquilleuse qui allait grimer les enfants du public, et , histoire de dire quelle chose, je le félicitais pour son impressionnant canon. Le coquin me répondit :
-" c'est vrai qu'on se connaît intimement, puisque vous connaissez la taille de mon canon ! "
Devant son air narquois, j'éclatais de rire :
" je parlais de celui qui fume.... Là-bas.... Celui qui fait du bruit ........"
rire général
Ils avaient l'air tous bien sympa, mais il était temps que je reparte car je n'avais plus que 10 minutes pour retourner à mon stand en slalomant entre les flaques, pour avaler ma saucisse-frites qui m'attendait sagement et pour attaquer les premiers enfants qui voulaient se faire maquiller.
Je n'ai pas chômé, maquillant au passage quelques adultes et surtout faisant des nez rouges aux papas pour faire rire leur progéniture. Il y en a même un qui est reparti avec un maquillage de souris rose ! La fête eu un grand succès malgré la pluie qui revint plusieurs fois. Heureusement mon stand était couvert. Je me suis vraiment bien amusée.
j'adore cette photo car à coté d'eux, je fais toute petite et toute menue !!!!